Tumeurs et cancers chez le chat

L'allongement de l'espérance de vie des chats s'accompagne de la découverte de cancers en nombre croissant. Les chats ne souffrent-ils pas, comme nous, des nuisances de la vie moderne, pollution et maître fumeur ? Une tumeur, prolifération anarchique de cellules, peut être bénigne ou maligne ; une tumeur maligne est un cancer. Dans l'espèce féline, les cancers sont 6 fois plus fréquents que les tumeurs bénignes, et ce dès l'âge de 3 ans. Dans l'ensemble de la population féline, les tumeurs cutanées sont les plus fréquentes ; elles sont suivies par les tumeurs mammaires, puis celles de divers tissus mous. La fréquence des tumeurs de ganglions et des lymphosarcomes est directement liée au taux d'infection par le virus leucémogène félin. Les symptômes du cancer dépendent de l'organe touché, de la vitesse d'évolution de la tumeur, de son caractère localement envahissant ou de sa capacité à faire des métastases, de ses incidences à distance (tumeur d'une glande endocrine, par exemple). Quelques signes d'appel peuvent toutefois attirer votre attention et vous inciter à demander l'avis du vétérinaire traitant de votre chat. Car une affection néoplasique (un cancer)a deux sortes d'effets : des effets locaux, boule ou grosseur visible ou palpable, destruction de l'organe, compression des organes voisins ou répercussion fonctionnelle ; mais aussi des effets à distance, par excès ou insuffisance de production d'une hormone, ou production de substances par la tumeur elle-même. Divers signes, quoique non spécifiques, attirent l'attention du clinicien et le conduisent à envisager l'hypothèse d'un cancer : amaigrissement, augmentation de la soif ou de l'appétit, convulsions, toux, saignements internes ou externes. Un vétérinaire qui suspecte une tumeur cancéreuse a souvent besoin d'effectuer des examens complémentaires pour préciser ou confirmer son diagnostic : radiographie, échographie et d'autres techniques plus élaborées et plus coûteuses (I.R.M., T.D.M., scanner...). Le vétérinaire a aussi recours à des examens au microscope : liquide d'épanchement ou tissus prélevés.

Chez l'animal, le toilettage et traitement des tumeurs cancéreuses reste essentiellement chirurgical.

En complément de la chirurgie ou en traitement unique, la chimiothérapie est parfois employée. Quant à la radiothérapie, associée à d'autres thérapeutiques (chirurgie et/ou chimiothérapie) et à l'immunothérapie, ce sont aujourd'hui des voies nouvelles, intéressantes mais en cours d'exploration. L'étude des cancers du chat offre un intérêt particulier en pathologie comparée. En effet, la leucose féline, due à une infection par le Fe.L.V., est une des maladies les plus anciennement connues pour lesquelles les chercheurs ont pu démontrer une relation de cause à effet entre infection virale et développement de tumeurs. Les lymphosarcomes sont les tumeurs les plus fréquemment associées à l'infection par le virus leucémogène félin. Quant au F.I.V. (virus de l'immunodéficience féline), s'il n'est pas reconnu comme étant lui-même oncogène (c'est-à-dire induisant le développement de tumeurs), il augmente chez les chats infectés la fréquence de certains cancers : lymphosarcomes, tumeurs myéloïdes, sarcomes. Le cancer de l'oreille du chat blanc Les chats à oreilles blanches fréquemment exposés au soleil courent un grand risque de développement de tumeur cancéreuse. L'irritation chronique par la lumière solaire évolue progressivement vers le développement d'un cancer, un épithélioma spinocellulaire. Cette tumeur atteint généralement les chats à oreilles blanches à partir de l'âge de 8 ans. Le bord du pavillon auriculaire est d'abord atteint, puis le cancer s'étend, rongeant rapidement tous les tissus environnants. Gardez donc les chats à oreilles blanches à l'intérieur des habitations pendant l'été, lors des heures d'ensoleillement maximal. Devant un épithélioma de la conque auriculaire débutant, la mesure d'urgence à prendre est l'exérèse de la tumeur par amputation du bord du pavillon, mais les récidives ne sont pas rares.

Les affections oculaires du chat

Autre élément clé du charme félin, les yeux peuvent également être le siège de maladies. Les paupières peuvent être atteintes de diverses anomalies congénitales : absence de paupière supérieure, entropion (enroulement des paupières vers l'intérieur provoquant d'importantes lésions de la cornée par frottement des cils). Les solutions à ces problèmes sont chirurgicales. Les blépharites, infections des paupières, sont dues à des bactéries ou des champignons (teigne). L'oeil est constamment lubrifié par les larmes ; leur insuffisance a pour conséquence de graves altérations de l'oeil (kérato-conjonctivite sèche). Les larmes s'écoulent de l'oeil par de fins canaux lacrymaux, qui sont parfois bouchés (à la suite d'infections) ou congénitalement étroits. La conséquence en est l'écoulement de larmes de chaque côté du nez, formant des traces brunâtres. Les conjonctivites sont très fréquentes dans l'espèce féline. Elles sont souvent l'un des symptômes d'une maladie générale. Elles apparaissent très précocement lors de chlamydiose féline. L'herpèsvirus de la rhinotrachéite infectieuse est très agressif pour l'oeil, où il est responsable de conjonctivite mucopurulente, ainsi que d'une kératite ponctuée ou d'ulcères cornéens graves, soit dans la phase aiguë de la maladie, soit de façon chronique quelque temps après l'infection primaire. La cornée du chat présente parfois des lésions particulières à l'espèce féline, telles que le séquestre cornéen (plaque de tissu noirâtre qui se développe dans la cornée). Une uvéite se traduit par un changement de couleur de l'iris, qui devient plus terne et rosâtre, des précipités sur la cornée, un myosis, une "brume" dans la chambre antérieure. Trois uvéites virales sont spécifiques au chat : elles font partie du tableau clinique de la leucose (Fe.L.V.), de l'immunodéficience féline (F.I.V.), et de la péritonite infectieuse féline (P.I.F). On en rencontre aussi en cas de toxoplasmose, de traumatismes et d'infections oculaires. Le glaucome dû à une augmentation de la pression intra-oculaire, provoque un accroissement du volume de l'oeil et une forte douleur . L'intégrité de la rétine est indispensable à une bonne vision. Hémorragies rétiniennes et décollement de la rétine font suite à des traumatismes ou à des maladies générales graves, et constituent des séquelles d'uvéite. Les cas de dégénérescence de la rétine consécutifs à un manque de taurine dans l'alimentation ont disparu depuis que les aliments industriels sont correctement supplémentés en cet acide aminé indispensable au chat. Ne nourrissez pas votre félin à l'aide d'aliments pour chiens ! Enfin, les chats peuvent être atteints par quatre affections à point de départ nerveux strabisme, procidence de la troisième paupière, syndrome de Claude Bernard Horner (un seul oeil présente un myosis et une procidence de la membrane nictitante), syndrome des pupilles dilatées ou dysautonomie féline.

Les infections virales ou bactériennes

Dès qu'il n'est plus protégé par les anticorps qu'il a reçus de sa mère au cours de la gestation et de la lactation, le chaton est sensible à des infections virales ou bactériennes. Leucose et immunodéficience féline La péritonite infectieuse féline La panleucopénie infectieuse féline La rage Les affections oculaires et des voies respiratoires supérieures